manifestazione 2007



Manifestazione est un acte théâtral performatif construit autour du paramètre de la peinture animée d’Alexandra Maurer. Introduire un tel paramètre interroge le plateau pour en dégager une écriture scénique et réinventer des langages. Dans notre travail, la « peinture animée »n’est pas un effet esthétique ou une illusion, elle a une fonction et véhicule un propos dans sa confrontation avec la présence physique de l’acteur. Manifestazione traite de la différence entre celui qui s’engage et celui qui râle. Notre énergie contestataire se chante en gesticulation puis en statification si elle n’est au service d’aucun contenu. Est-ce que l’énergie pure de la contestation peut donner lieu à un autre monde, réconcilié, mais de la perception que nous en avons ? Pétrification progressive….



Sur scène,trois femmes (Catherine Buchi, Aline Gampert, Lisa Morand) se plaignent à mi-voix, susurrent de petites phrases sans suite. Bougonnes, elles occupent l’espace et s’installent dans une litanie assourdie. Derrière la scène, un écran renvoie l’énorme image d’une femme qui proteste. Ses lèvres bougent, elle exécute les gestes de la reventication avec de plus en plus de ferveur, mais le son est coupé. Une évidence massive Apartir de cette situation initiale, la metteure en scène Sandra Amodio dérive vers une forme de plus en plus abstraite. Les peintures animées d’Alexandra Maurer remplacent bientôt l’image filmée. Sur le plateau en revanche, la situation n’évolue guère, le contraste scène-écran se maintient ainsi en permanence. Pas de narration, pas de dialogues, pas de discours, et pourtant cet objet (un « acte théâtrale performatif » selon Amodio ) est là comme une évidence massive. Il ne s’agit pas d’éprouver les nerfs du public, de lui résister. Non, manifestazione résiste de façon intransitive. Pour peu que le spectateur se fasse une alliée de cette résistance, Sandra Amodio lui offre une vraie (mais trop brève ?) ouverture vers un univers original et riche. (Frédéric Deshusses, le courrier, vendredi 2 février 2007, Genève)



Introduire un paramètre dans la création théâtrale tel que la vidéo-peinture me semble pertinent et répond aux questionnements dramaturgiques que nous posons. Il s’agit d’interroger le plateau pour dégager une écriture scénique et réinventer des langages. Dans notre travail, la «peinture animée» n’est pas un effet esthétique ou une illustration, elle a une fonction et véhicule un propos dans sa confrontation avec la présence physique de l’acteur. Cette rencontre est possible aussi parce que nous partageons le même questionnement pour un art vivant. L’appellation récente de «spectacle vivant» souligne l’importance de ce moment, et l’attente qu’il cristallise: celle de la tension au travail entre corps et image, chair et modèle, épreuve du réel et découpe de l’imaginaire. Les nouvelles pratiques théâtrales permettent de faire ré-apparaître tous les thèmes de la tradition théâtrale la plus ancienne et libérer l’affectivité du spectateur. Sandra Amodio, metteur en scène, Genève, 2006



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